La justice ivoirienne a condamné lundi le cyberactiviste Ibrahim Zigui à cinq ans de prison ferme pour « provocation à l’insurrection » et « troubles à l’ordre public ». Le verdict, prononcé dans un contexte politique encore sensible en Côte d’Ivoire, s’accompagne également d’une amende de 20 millions de francs CFA. L’information a été confirmée par son avocat, Me Ange Rodrigue Dadje.
Connu pour ses prises de position critiques envers le pouvoir ivoirien, Ibrahim Zigui est considéré comme un proche du Parti des peuples africains-Côte d’Ivoire (PPA-CI), la formation politique dirigée par l’ancien président Laurent Gbagbo. Très suivi sur les réseaux sociaux, notamment avec plusieurs centaines de milliers d’abonnés sur TikTok et Facebook, le cyberactiviste publiait régulièrement des vidéos commentant l’actualité politique ivoirienne.
L’affaire remonte à septembre 2025, à quelques semaines d’une élection présidentielle particulièrement tendue. Ibrahim Zigui avait alors été arrêté après la diffusion d’une vidéo appelant les Ivoiriens à se mobiliser publiquement le jour de la publication de la liste définitive des candidats retenus pour la présidentielle. Dans cette intervention relayée sur les réseaux sociaux, il invitait notamment les citoyens à sortir vêtus des couleurs nationales et à se rassembler dans les lieux publics. Les autorités avaient estimé que ces propos pouvaient provoquer des troubles dans un climat déjà marqué par de fortes tensions politiques.
Son arrestation avait suscité de nombreuses réactions au sein de l’opposition ivoirienne. Sa famille et ses avocats avaient même dénoncé à l’époque un « enlèvement », affirmant être restés plusieurs jours sans nouvelles de lui avant qu’il ne soit finalement localisé au pôle pénitentiaire d’Abidjan. De son côté, le parquet assurait que toutes les procédures judiciaires avaient été respectées.
Au fil des mois, plusieurs militants et cadres de l’opposition ont également été interpellés dans le cadre de manifestations interdites ou de publications jugées sensibles par les autorités. Les organisations de défense des droits humains, notamment Amnesty International, ont dénoncé des arrestations « sans fondement » et appelé à la libération de certains opposants politiques. Le gouvernement ivoirien rejette toutefois ces accusations et affirme qu’il n’existe aucun prisonnier d’opinion dans le pays.
Samedi dernier, Laurent Gbagbo avait publiquement évoqué le cas d’Ibrahim Zigui devant ses militants, s’interrogeant sur la sévérité des poursuites engagées contre le cyberactiviste. Malgré les appels à la clémence formulés par ses soutiens, la justice ivoirienne a finalement confirmé une lourde condamnation qui continue de provoquer de nombreuses réactions dans le pays.







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