Les relations entre le Maroc et la Syrie entrent dans une nouvelle phase. Après plus d’une décennie de rupture diplomatique, les deux pays affichent désormais leur volonté de renforcer leurs liens politiques et institutionnels. Cette évolution s’est concrétisée par la visite officielle à Rabat du ministre syrien des Affaires étrangères, Assaad al-Chaibani, une première depuis la chute de Bachar al-Assad en décembre 2024.
Cette visite symbolique marque un tournant important dans les rapports entre les deux États. À l’issue de sa rencontre avec le ministre marocain des Affaires étrangères Nasser Bourita, les autorités syriennes ont annoncé la prochaine réouverture de leur ambassade au Maroc. De son côté, Damas espère également voir l’ambassade marocaine reprendre officiellement ses activités dans la capitale syrienne.
Pour Rabat, cette rencontre représente bien plus qu’un simple échange diplomatique. Nasser Bourita a qualifié cette visite d’« historique », estimant qu’elle ouvre une nouvelle dynamique dans la coopération entre les deux pays après plusieurs années de tensions et de distance politique.
Le Maroc avait fermé son ambassade en Syrie en 2012, au début du conflit syrien et dans un contexte de fortes critiques internationales contre le régime de Bachar al-Assad. Pendant de longues années, les relations entre Rabat et Damas étaient restées quasiment inexistantes. Cependant, le contexte géopolitique régional a progressivement évolué, poussant plusieurs États arabes à renouer leurs contacts avec la Syrie.
Depuis mai 2025, les autorités marocaines ont commencé à rétablir progressivement leurs relations avec Damas. Les deux pays souhaitent désormais relancer leur coopération dans plusieurs domaines stratégiques.
Parmi les principales décisions annoncées figure la création d’un mécanisme de consultations diplomatiques et politiques destiné à faciliter les échanges entre les deux gouvernements. Une commission consulaire commune devrait également être mise en place afin de traiter les questions liées aux ressortissants marocains présents en Syrie ainsi qu’aux citoyens syriens vivant au Maroc.
Rabat et Damas envisagent aussi de moderniser leurs accords juridiques et judiciaires, jugés aujourd’hui dépassés face aux nouveaux enjeux politiques et administratifs.
Cette reprise des relations diplomatiques illustre le retour progressif de la Syrie sur la scène régionale. Après des années d’isolement, Damas cherche désormais à renforcer ses liens avec plusieurs pays arabes dans l’objectif de retrouver une place plus active au sein des équilibres diplomatiques du Moyen-Orient.






