Une nouvelle controverse secoue l’Ouganda après la fermeture forcée du Daily Monitor et de NTV Uganda, deux des médias indépendants les plus influents du pays. L’opération, menée sous forte présence militaire, a été ordonnée par le général Muhoozi Kainerugaba, chef de l’armée ougandaise et fils du président Yoweri Museveni. Cette décision a immédiatement provoqué une vague de réactions dans les milieux politiques, journalistiques et au sein des organisations de défense des droits humains.
Selon plusieurs informations relayées localement, des militaires ont été déployés aux abords des locaux du groupe Nation Media Group (NMG), propriétaire du Daily Monitor et de NTV Uganda. Des employés auraient été empêchés d’entrer ou de sortir des bâtiments, tandis que certaines chaînes du groupe ont cessé leurs émissions dans les heures ayant suivi l’intervention des forces de sécurité.
Au cœur de cette affaire figurent également les déclarations très commentées du général Muhoozi Kainerugaba sur le réseau social X. Dans ses publications, il a affirmé ne pas croire au principe d’une presse libre, ajoutant que les médias devaient être « guidés par les cadres de la révolution ». Ces propos ont suscité de nombreuses critiques, certains y voyant une remise en cause directe des principes fondamentaux liés à la liberté d’expression et à l’indépendance des médias.
Ce nouvel épisode rappelle une situation similaire vécue par le Daily Monitor il y a plusieurs années. Fondé en 1992, le journal est devenu au fil du temps une référence du paysage médiatique ougandais. En 2013 déjà, il avait été temporairement fermé après avoir publié des informations évoquant un supposé plan de succession impliquant Muhoozi Kainerugaba. L’affaire avait alors alimenté un important débat politique dans le pays.
La personnalité du général Muhoozi continue également d’alimenter les discussions. Souvent au centre de polémiques en raison de ses prises de position publiques, il est régulièrement cité comme un possible successeur politique de son père, au pouvoir depuis 1986. Ses déclarations sur les réseaux sociaux ont plusieurs fois provoqué des réactions au sein de la société civile et de l’opposition.
Cette affaire intervient dans un contexte déjà délicat pour la liberté de la presse en Ouganda. Les organisations internationales de défense des journalistes soulignent depuis plusieurs années les difficultés rencontrées par les médias indépendants dans le pays. Pour plusieurs observateurs, cette fermeture pourrait marquer une nouvelle étape dans les tensions entre pouvoir politique et presse indépendante.






