Guerre au Mali: Des milliers de réfugiés pris au piège

Environ 350 000 Maliens ont trouvé refuge dans la région du Hodh Chargui, au sud-est du pays voisin, la Mauritanie, depuis le début de la guerre au Mali en 2012. Fuyant les violences, ces populations racontent des parcours marqués par la peur, les pertes et l’incertitude du retour au pays

Certains disent avoir échappé de justesse aux attaques de groupes jihadistes affiliés au JNIM ou à des conflits communautaires. D’autres pointent du doigt l’armée malienne et les paramilitaires russes de l’Africa Corps encore appelés Wagner qu’ils accusent de mauvais traitements contre des civils.

Ilanbozidé dénonce des violences qu’il qualifie d’injustifiées. Selon lui, des civils sont pris pour cibles sans preuve : « Seuls ceux qui mettront fin aux massacres permettront aux agriculteurs, aux éleveurs et aux voyageurs de vivre en sécurité. Pourquoi m’avoir ciblé, moi, alors que je n’étais pas armé ? »

La récente reprise de Kidal, ville stratégique du nord du Mali, par des groupes armés touareg a suscité un espoir prudent chez certains réfugiés. Beaucoup souhaitent voir les paramilitaires russes quitter le pays.

Mais Moscou a rejeté ces appels et affirme vouloir poursuivre la lutte contre le terrorisme et l’extrémisme.

Comme de nombreux réfugiés, Mohamed, âgé de 43 ans, rêve de retour : « Dès qu’il y aura la paix, je rentrerai. Mon pays m’a été arraché de force… »

Dans le nord du Mali, l’absence de l’État et le manque de développement ont également poussé certains habitants à fuir la pauvreté. Dans les camps, les conditions de vie restent précaires, et l’intensification des combats inquiète.

Tilleli, âgé de 22 ans, tente de rester optimiste : « Nous espérons que la paix reviendra… dès que possible. ».

Le Mali fait face à une multiplicité d’acteurs armés. Certains groupes, comme le Front de libération de l’Azawad, revendiquent l’indépendance du nord (Kidal, Gao, Ménaka, Tombouctou). D’autres, comme le JNIM, cherchent à imposer une interprétation stricte de la loi islamique. À Bamako, la progression des groupes jihadistes fragilise encore davantage une transition militaire déjà instable. Dans ce conflit prolongé, les populations civiles restent les principales victimes. Déplacés, déracinés et souvent oubliés, les réfugiés continuent de vivre dans l’attente d’un retour à la paix.

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